Expositions photos 2017-2018

Décembre 2016


Bernard Plossu, du 2 décembre au 9 mars 2018

Paris-Londres, 1988 - Courtoisie galerie Camera Obscura, Paris

 

En souvenir de son ami Michel Butor et de son roman La Modification qui se déroule dans un train entre Paris et Rome, Bernard Plossu a souhaité présenter à la Galerie L’Esperluète à Chartres cette exposition centrée sur l’univers ferroviaire.

On pourrait dans un premier temps penser que le train n’est pas forcément le meilleur endroit pour prendre des photos, surtout si on veut réussir de «belles photos». De nombreuses contraintes comme le mouvement et la vitesse de la voiture, le manque d’espace et donc de recul dans le wagon, des cadrages attendus ainsi qu’un décor qui semble assez peu varié (présence de poteaux, fils électriques, bâtiments industriels, hangars...) rendent périlleux la rencontre entre la photographie et le rail.

Et pourtant on sait que les premiers grands photographes, comme Nadar, ont, dès le début, été fascinés par cet univers du rail qui se développait sous leurs yeux et il y eut par la suite toute une tradition de la photo en train, dont Plossu est, aujourd’hui, l’une des figures majeures.

En réalité, au-delà des contraintes techniques, le voyage en train prédispose le photographe à la rencontre, à la présence de nouveaux visages, à des paysages nouveaux ou toujours changeants selon les horaires et les moments de la journée et de la nuit. Le voyage en train est en fait lié à un nettoyage du regard, à un lessivage de la réalité quotidienne, à une adaptabilité incessante: c’est un lieu de naissance et d’apprentissage du regard, ce qui explique en partie ces relations historiques entre la photo et le train.

Le voyage en train nous apprend concrètement à remarquer plus vite et de façon pertinente la symétrie d’un bâtiment, la géométrie de ses toits harmonieux répondant à celle des caténaires ( Sète, 1999). Mais surtout, dans le wagon, à la faveur de cette vibration où la mobilité se métamorphose en immobilité, le regard pourra souvent basculer dans le mystère face à ces visages à moitié dissimulés (Entre Milan et Gênes, Italie, 1997) ou plongés dans l’ombre (Grenade, 1998), et ce même si nous les connaissons bien (Françoise à Nissyros, Grèce, 1989). Il nous faudra aussi affronter des silhouettes fantastiques qui semblent débarquer d’une autre planète (Valencia, 2003).

Même chose pour les paysages et les lieux qui peuvent être chaleureux (Sardaigne, 2002), ou paisibles (Nord Pas de Calais, 1988) au point qu’il nous vient l’idée d’en faire la destination de prochaines vacances; d’autres, au contraire, sont plus qu’inquiétants (Gare de Douai, 1987) mais sollicitent tout autant notre imaginaire et s’imposent en nous comme le point de départ d’un roman que nous aimerions un jour écrire. Un prénom sans doute, écrit sur la carrosserie d’un wagon (Eva, du train...Espagne, 1993) peut être le signe d’une séparation ou au contraire d’un espoir. Parfois le train qui nous emporte peut devenir lui-même fantomatique (Le train de la Côte basque, 2000).

Ces photos de train sont des départs, elles semblent attendre leur histoire, celle que le spectateur voudra bien leur imaginer. Le flou qui les accompagne, les accidents de la prise de vue qui jouent avec les vitres et les ombres, les reflets sur les parois luisantes et réfléchissantes des wagons, tous ces éléments introduisent des effets d’attente énigmatiques qu’il revient au spectateur de combler et d’élucider. En même temps toutes les «rayures» de l’image, des rails jusqu’aux superstructures électriques dont on suppose qu’elles se prolongent à l’infini, nous montrent la voie pour dérouler et déplier ces histoires potentielles. Pour qui était cette rose abandonnée dans le Train, Paris- Londres (1988)? Qui l’a oubliée ainsi sur la banquette? Est-ce la fin ou le début d’une histoire d’amour ? Est-ce le début de la fin ?

Lucien Giraudo


 

Maxime Godard, du 9 septembre au 25 novembre

En compagnie de Michel Butor, photos à lire/photos à voir

Avec une discrétion qui est ici une garantie d’efficacité le photographe Maxime Godard  a su approcher  écrivains et artistes de son époque pour nous livrer aussi bien les facéties d’un Fernando Arrabal que le regard lumineux d’un Michel Butor.

Rencontre avec Maxime Godard, le 25 novembre 2017 à 18h.


Pierre Klossowski dans son atelier tenant un portrait de Michel Butor, Paris 1987

 

 

Présentées par Le Pont des arts et l’&sperluète.
En 2017, nous recevrons

Vincent Héquet, du 24 Juin au 8 septembre

Les friches

 

 

 

Serge Assier, du 8 avril au 30 juin

Cannes, 20 ans de Festival

Serge Assier est un photographe à la technique impeccable aussi bien dans le portrait, le nu  ou le reportage. Il en donne un exemple magistral dans cette exposition consacrée au festival de Cannes (1966-1987). On y voit notamment à l’œuvre  une liberté de mouvement et  une belle  inventivité photographique, avant que les « pools photos » imposés par les organisateurs n’obligent les photographes à prendre tous quasiment la même photo.

+ d'infos (Serge Assier)

 
David Bowie, 1978

 

 

 

Photos de la Collection Francis Paudras, du 4 mars au 7 avril

Dans le cadre du festival 'Jazz de Mars'

Passionné de jazz et ami des plus grands  musiciens français et américains tels que Bud Powell ou Bill Evans, Francis Paudras (1935-1997) a constitué une collection de photographies  unique en France, qui fait la part belle au photographe  Alain Chevrier. La galerie L’Esperluète, à Chartres, présente en exclusivité une sélection de cette collection où défile l’histoire du jazz depuis Louis Armstrong jusqu’à John Coltrane et Miles Davis en passant par Duke Ellington et Billie Holiday. Cette exposition a lieu en partenariat avec l’association Jazz en réseau et se déroule pendant le Festival Jazz de Mars.

Lire l'article "Les trésors cachés"Jazz News n°59, février 2017

 
Charles Mingus (Jean Lattès)


 

Ferrante Ferranti, du 14 janvier au 3 mars

Pierres vivantes

Diplômé d’architecture et photographe voyageur,  Ferrante Ferranti cherche à capter  le secret qui se dissimule dans les pierres, les statues et les architectures sacrées. Rien ne lui échappe: du hiératisme des temples égyptiens jusqu’aux plis ondoyants du baroque.


Retrouvez toutes les informations de la galerie de l'&esperluète sur notre site : https://galeriedelesperluete.wordpress.com

Pour contacter la galerie : galerielesperluete@lepontdesarts28.com