Exposition de Daniel-Henri Feuillade du 28 avril au 30 juin 2018

Avril - Juin 2018


La Galerie l’Esperluète est heureuse de présenter l’exposition de Daniel-Henri Feuillade intitulée «Photographes et Photographies».

D’abord parce qu’il s’agit d’un photographe bien connu du public chartrain, installé de longue date dans la région et qui, à travers ses photos et divers ouvrages, a rendu un hommage remarquable aux paysages de Beauce.

Ensuite parce que Daniel-Henri Feuillade a proposé régulièrement de nombreuses expositions de son travail et l’on sait que ses thèmes de prédilection sont particulièrement étendus : Jardins, Murs, Rivières, Abbayes et Monastères, sans oublier les Instants de vies où figurent entre autres les Portraits de Lecteurs, les Portraits de Fleurs ou encore ses photographies qui célèbrent le Cirque ou le Mime Marceau. Mais l’opportunité ne s’était pas encore présentée de nous proposer une exposition qui s’affirme comme une réflexion sur la photographie elle-même. C’était, là aussi, l’occasion d’avoir un aperçu transversal de son travail depuis les années 70 jusqu’au début des années 2000.

Tout d’abord on remarquera ici quatre figures de photographes qui appartiennent, peu ou prou, à la même génération. Des photographes qui ont porté un regard humaniste sur le monde et qui représentent des aînés pour Feuillade : Edouard Boubat qui s’amuse à prendre la pose ; Marc Riboud et Robert Doisneau, saisis au naturel dans des moments de décontraction ou encore Paul Almasy à sa table de travail. Chacun d’eux montre, à leur manière, une facette du Photographe, entre le Jeu et le Sérieux.

On sera en outre sensible aux diverses photographies qui insistent sur les cadrages. Sans même évoquer l’aspect technique, ne serait-ce qu’en matière d’objectifs, on peut voir combien la réflexion sur le cadrage est importante à travers le motif des fenêtres, lesquelles symbolisent, d’une certaine manière, l’œil même du photographe. En même temps : «Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie», disait Baudelaire en parlant des fenêtres et le photographe, tout comme le poète, voit en elles un microcosme.

Si le cadrage définit un prélèvement du réel, la composition, les perspectives géométriques et les points de fuite nous font plonger dans les profondeurs de la photographie et nous immergent dans les territoires que notre œil traverse. Mais il arrive aussi que l’on soit tenté d’emprunter des chemins buissonniers.

Puisqu’il s’agit de Noir et Blanc, certaines photographies nous invitent à regarder intensément le Blanc et son opposé, le Noir, qui couvrent toute leur surface. Des jeux de blanc sur blanc ou d’outre nuit qui nous permettront, par ailleurs, d’apprécier toutes les nuances des gris à travers la variété de leurs surfaces, de leurs masses et de leur densité.

Enfin il convient de ne pas oublier les spectateurs: ceux qui regardent de tous leurs yeux, ceux qui défient le photographe et le regardent les yeux dans les yeux et ceux dont naturellement vous faites partie en regardant cette exposition.

Lucien Giraudo