Eric Coisel, Photomobiles

Septembre 2018


PHOTOMOBILES
Exposition du photographe Éric Coisel
Galerie l’Esperluète à Chartres
Du 8 septembre au 23 novembre 2019

Ce sont des photos d’enquête. Elles s’intéressent à des voitures depuis longtemps
disparues, volées, oubliées en plein milieu d’un champ ou d’un bois, bien loin des routes où
elles ont jadis mené leur vie.
Ces automobiles, si alertes en leur temps, sont devenues aujourd’hui des monuments
d’immobilité, on ne se dérange même pas pour les « sortir » du paysage, personne ne veut
les voir. Éric Coisel en a justement fait un de ses objets de recherche.
Il est vrai qu’en général, au moment de passer la main, elles ont choisi un lieu à
l’écart, laissant départementales et nationales aux modèles plus modernes. Elles ont parfois
choisi de se réfugier dans un « chemin de service » interdit à toute circulation. Ces carcasses,
bientôt désossées, rappellent les crânes qui figurent dans les Vanités. Leurs orbites et leurs
optiques nous regardent étrangement.
Ces épaves, comme on les appelle assez irrespectueusement, nous ont pourtant
rendu bien des services mais les humains sont oublieux et les traitent bien mal. La rouille les
ronge, la neige les recouvre. Elles sont envahies par des feuilles quand ce ne sont pas des
branches d’arbre qui les traversent. Des moutons trouvent même refuge à l’intérieur de leur
habitacle. Certaines d’ailleurs ont un air de reproche, d’autres esquissent un sourire qui
semble nous dire : vous ne perdez rien pour attendre !
Éric Coisel tourne autour de ces épaves mais il lui arrive aussi de s’installer au volant.
Dès lors on peut s’imaginer bien des aventures qui se cachent derrière ces carrosseries : les
vacances en famille, la Nationale 7, l’accident, les années 60, ...
On pourrait évidemment se dire qu’il y a une bonne dose de nostalgie, voire de
mélancolie dans ces photographies, avec ce voile d’opacité qui les fait parfois ressembler à
un tableau impressionniste. Ce serait compter sans la présence des mots.
En effet, de Hubert Lucot à Joël Bastard en passant par Michel Butor, des poètes amis
de Coisel ont inscrit leurs phrases sur ces clichés comme s’il s’agissait de stèles
photographiques. Ce sont de petits textes proches du haïku, souvent humoristiques ou
ironiques. Ils introduisent le bougé vivant de l’écriture manuscrite dans la fixité de l’objet
photographique. Comme une réflexion ou une méditation qui vient dépasser l’idée de la
finitude. En quête de ce qui viendra après.

Lucien Giraudo

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